kadimagazine est un site d’informations et d’éducation de la jeune fille soutenu par la Fondation OSIWA sur initiative de la COFEL.

Au constat, les parents se trouvent être les premiers instigateurs du mariage forcé. Aissatou a 14 ans, orpheline de père, elle vit avec sa mère biologique. Elève au lycée, ses frais de scolarité sont payés par un jeune homme qu’elle aime et qui souhaite l’épouser à la fin de ses études. Un rêve qui ne tardera pas à se briser.

Face à une mère ambitieuse, un jeune guinéen qui vit en Europe vient de frapper à la porte. Sans  contraintes, il a obtenu le soutien de la mère qui foule ainsi au pied plusieurs années d’attente et d’assistance soigneusement planifiés par Ibrahima le prétendant désemparé. « Ma fille va se marier et aller en Europe.» Aissatou de retour de l’école aperçoit sa mère qui s’écrie ainsi de joie. « Pourquoi es-tu si heureuse maman ? Maman répond: J’ai eu un mari riche pour toi et qui vit en Europe et après le mariage vous irez ensemble en Europe. Quoi? Je suis censée épouser Ibrahima, tu te rappelles que c’est lui qui paye mes études et il est toujours là pour nous dans les bons et mauvais moments. Qu’il aille se faire voir cet Ibrahima, j’ai changé d’avis, soi tu épouses le « diaspo » soi tu ne m’adresses plus la parole, j’ai quelqu’un qui va nous sortir de cette misère et toi tu refuses. Ibrahima ! D’ailleurs je n’ai jamais souhaité que ce dernier devienne un jour ton mari. Inquiète, Aissatou ne savait plus quoi faire. D’une part, elle va perdre Ibrahima qui l’a toujours aimée et soutenue, d’autre part, elle avait peur de perdre sa mère si elle refuse le diaspo. Aussitôt, une chose l’habitat :

«J’ai perdu mon père et suis en passe d’être répugnée par ma mère.» C’est ainsi qu’elle s’est vue forcée d’accepter la proposition de sa mère.   Dès après son mariage avec le jeune aventurier Aissatou a été contrainte d’arrêter les cours pour se rendre en Europe avec son  époux. Peu de temps après, se succèdent souffrance et désolation. A l’étranger, la jeune fille découvre un mari spécialisé dans le trafic de drogue, un coureur de jupon. L’homme avait des maitresses çà et là, il découchait souvent et était très violent. Des jours passent, un matin la police le surprend en train de vendre de la drogue, la cocaïne pour être plus précis. L’infortuné sera ainsi jeté en prison. Pire encore, il plongea Aissatou en affirmant que c’est cette dernière qui le fournit et que l’essentiel de la drogue se trouve cachée dans sa maison. Le domicile fut perquisitionné, la pauvre dame arrêtée, jugée et condamnés à 10 ans de prison. Au bout d’une année, Aissatou y perd sa vie, quant à sa mère elle est restée durant de longues années sans aucune nouvelle de sa fille. Un jour, un monsieur qui connaissait toute l’histoire lui raconta la scène, elle n’y a pas cru, elle s’est mise en en parler dans le quartier, tout le monde savait déjà la triste nouvelle sans broncher mot.  Jusque-là, cette pauvre mère ne veut pas admettre ce destin tragique, elle vit seule, toute seule à regarder le ciel. Ce témoignage figure parmi tant d’autres forcés qui ont tourné au drame. Le message est tout simple, il faut bannir le mariage forcé, l’acte en vaut un crime !


Idrissa BAH