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La mendicité des enfants est souvent une forme d’exploitation humaine menée par leurs géniteurs ou leurs parents adoptifs. L’État n’arrive pas à arrêter cette pratique forcée.

La mendicité est très courante dans les pays pauvres, y compris celle des enfants. En Guinée, comme dans la plupart des pays africains, elle est presque devenue un métier pour toutes sortes de personnes, pas seulement pour les infirmes (handicapés moteurs, aveugles) les vieilles personnes sans enfant ni soutien mais également pour des personnes valides qui refusent de travailler.

Ce sont généralement des néo-urbains non adaptés – ou ne voulant pas s’adapter – aux modes de vie dans les villes. La mendicité est plus fréquente dans les pays musulmans d’Afrique. Il est rare de voir un chrétien mendier, aussi démuni soit-il.  Il est considéré très généralement que la religion, et notamment l’islam, entretient et encourage la mendicité en insistant sur les bienfaits de l’aumône. S’il y a de nombreux mérites à pratiquer l’aumône, il faut préciser cependant que l’islam interdit de mendier sauf en cas de situation critique, ce qui n’est pas le cas de nombreux mendiants et plus particulièrement des enfants.
De fait, l’aumône est un acte de générosité exercé volontairement pour soutenir un nécessiteux alors que la mendicité est le fait de faire appel à cette générosité. Si les deux s’assimilent aussi aisément et créent la confusion, c’est bien parce que les uns (les mendiants) ont des besoins et les autres (les bienfaiteurs) ressentent le besoin de donner. Mais la distinction se situe dans le fait que l’aumône ne s’adresse pas seulement aux mendiants. C’est cette confusion qui entretient la mendicité en Afrique, les uns voulant vivre de l’aumône des autres.

Comment on fait mendier les enfants

Les mendiants jouent sur la psychologie et la religion pour parvenir à leurs fins, surtout dans les pays, comme la Guinée, où l’islam prédomine. Il n’est pas rare qu’ils utilisent leurs enfants – s’ils en ont – comme l’appât idéal pour bénéficier de la générosité des autres. Leur zone d’opération est la rue, généralement la ou les embouteillages sont courants.
Ils apprennent à leurs enfants comment jouer sur la psychologie et le chantage affectif pour toucher le coeur des grandes personnes : s’apitoyer sur son sort, invoquer Dieu et débiter une litanie de bénédictions. Ils leur apprennent aussi à reconnaître « la proie facile » : une personne qui l’air aisé ou religieux. Si les enfants en aperçoive une parmi les passants, ils foncent sur elle, lui prennent la main de façon émouvante ou s’agrippent à ses vêtements. Il marche avec la personne et lui demandent avec insistance l’aumône en la bénissant : « Que Dieu te préserve des maladies graves, de la pauvreté et de tes ennemis, qu’il exauce tes voeux et t’ouvre les portes du paradis... » Quand les véhicules sont bloqués dans les embouteillages, ils accourent et débitent les mêmes bénédictions. Il n’est pas rare de voir alors un ou plusieurs passagers leur donner un billet de 500 francs ou de 1000 francs. 

Pendant ce temps, leurs parents sont assis à l’ombre et attendent que leurs enfants leur apportent cet argent.
Parfois, ce sont des enfants empruntés contre rémunération le soir, surtout quand il s’agit d’albinos. Les albinos suscitent généralement la pitié dans nos sociétés et beaucoup de personnes croient qu’ils leur porteront chance dans la journée s’ils leur font l’aumône.
Certaines femmes se servent de leurs petits jumeaux ou de petits jumeaux empruntés dans le quartier à des parents pauvres.
Quand elles rentrent le soir, elles les déposent à leurs génitrices avec une certaine somme d’argent. Leur méthode de mendicité consiste à s’adresser aux passants ou aux usagers de la route par ces mots : « les jumeaux vous saluent ». Il y a tout un mythe dans nos traditions qui pousse les gens à assister une mère de jumeaux qui vit dans la pauvreté.

Les actions contre la mendicité des enfants

En général, l’État de ne pas directement contre la mendicité les enfants. Elle pousse les mendiants à rejoindre la cité de solidarité dont, en vérité, la capacité d’accueil est très limitée.  Par ailleurs, les conditions de vie et les activités menées dans cette cité ne sont pas toujours à la hauteur des financements qu’elle reçoit de diverses institutions ou associations. Normalement, les mendiants doivent y vivre décemment et les plus jeunes recevoir une formation adaptée ou y apprendre un métier capable de leur assurer une insertion sociale.
L’État se borne souvent à chasser les mendiants des lieux publics.
Il est arrive qu’il les recense et leur donne une somme d’argent susceptible de les aider à retourner dans leurs villages et à y entreprendre une activité rémunératrice, mais la distribution est insuffisante et sélective. Donc ces actions n’endiguent pas la mendicité. Elles ne sont qu’un feu de paille. Les mendiants chassés et ceux qui ont perçu de l’argent finissent toujours par revenir sur leur lieu de prédilection. La mendicité et une habitude de se difficile à abandonner. C’est une activité facile et assez rentable pour la condition de mendiant.
Par conséquent, les enfants mendiants étant une source de revenus pour leurs parents, la mendicité des enfants et un phénomène difficile à juguler.
Il existe plusieurs ONG en Guinée qui s’occupent des enfants en détresse, et notamment des enfants mendiants.
Malheureusement, pour la plupart, elles existent seulement sur le papier avec un siège bien visible mais n’agissent pas sur le terrain. Soit un manque de financement, soit leurs fondateurs utilisent à des fins personnelles les subsides qu’ils reçoivent des donateurs privés ou des organismes de financement.
En tout état de cause, l’Etat devrait durcir la législation contre la mendicité des enfants. Des lois devraient être adoptées pour les scolariser de force et condamné leurs parents similaires tirs de l’école pour les remettre dans la rue et les forcer à mendier.

Adama Hawa DIALLO